Dimanche 15 MARS
Au siège de notre association
7, rue du Commandant Bazy 66000 PERPIGNAN
Analyse d’extraits de films et débats
Un météore sorti de l’inconnu : LA FLÛTE DE ROSEAU
de Ermek SHINARBAEV [Kazakhstan]
Ce film, dont la restauration a été supervisée par le cinéaste Martin Scorsese
et réalisée par la Cinémathèque de Bologne, fut présenté pour la première fois en France par LE FESTIVAL DE TOURS CINÉMA ET TÉLÉVISION EN 1991, dédié à Henri Langlois, sous ma direction.
Ce film fut apporté des États-Unis par le Président du Jury Samuel FULLER.
Il est présenté devant tous les directeurs des chaînes de télévision en France. et certaines chaînes étrangères. Gilles JACOB l’avait sélectionné pour le Festival de Cannes
Sous Staline, une communauté coréenne fut persécutée.
Certains se réfugièrent dans l’île de Sakhaline située à l’extrême bout de l’immense Russie juste au-dessus du Japon.
Il a fallu à Shinarbaev une autorisation spéciale pour filmer certaines scènes du film dans cette île du bout du monde.
A chaque instant de son histoire, le film véhicule un pouvoir mystérieux et chatoyant. Tel le souvenir d’un rêve lointain mais persistant, se construit un immense poème habité par la foi bouddhiste qui viendra envahir votre esprit.
Le plus grand film de tous les temps
Joseph L. MANKIEWICZ
En 48 avant J.C., Jules César tombe amoureux de Cléopâtre la Reine du Nil.
Ils ont un fils. Il la rétablit sur le trône d’Égypte.
Quatre ans plus tard, assassinat de Jules César et c’est au tour de Marc Antoine de tomber amoureux de Cléopâtre.
Plus tard ce sera Octave, le nouveau tyran de Rome, qui vient tout balayer et va conduire Cléopâtre à son tombeau impérial et Marc Antoine à la déchéance.
Grandeur et déclin d’un destin qui fut extraordinaire et conduit aux plus grandes tragédies de l’histoire.
L’éternelle histoire du monde se répète de siècle en siècle.
Le mythe de l’égalité, le mépris de la tradition, le culte de l’individu et la licence donnée aux appétits ont corrompu les mœurs, délité les institutions.
Partout la même intolérance au bien.
Une œuvre où la vision shakespearienne est présente d’un bout à l’autre du film, jusqu’aux acteurs rompus au jeu de cette grande école.
Cléopâtre ce fut Elizabeth Taylor. Il n’y avait qu’elle pour jouer ce rôle dans cette dimension démesurée, foudroyante, animée par le feu, par son incroyable beauté et ce regard unique qui n’appartient qu’à elle.
Rex Harrison est un Jules César de premier ordre, le meilleur qui ait été donné au public d’admirer à l’écran. Racé, il donne une enveloppe intelligente et rassurante. Ce fut un grand Empereur.
Richard Burton compose un admirable Marc Antoine, fin tacticien militaire, déplorable homme politique, mais d’une passion déchaînée avec un fort sentiment tragique.
Joseph L. Mankiewicz avait un génie admirable, une maîtrise absolue de tous ces grands sujets tragiques, de la politique à l’amour, de l’amitié à la haine, des promesses du destin à la violence de la chute.
Ce fut le géant d’Hollywood.
Cléopâtre c’est une leçon de cinéma unique.
On ne pourra jamais oublier cette scène incroyable de la Reine du Nil entrant dans Rome sur son immense char, une scène de 20 minutes à couper le souffle par son ampleur, la composition des plans, le travail avec la foule, les costumes, son inoubliable beauté.
Cette autre scène incroyable où la Pythie des Pyramides prédit l’avenir aux principaux antagonistes, où l’on sent chaque palpitation de l’histoire et une avancée progressive vers une inéluctable tragédie.
La bataille d’Actium où les galères ont été fabriquées grandeur nature sur la mer, le palais d’Alexandrie époustouflant de beauté et une Rome dantesque.
Ce film – le plus cher de l’histoire du cinéma qui faillit ruiner la FOX – et en même temps chef d’œuvre colossal et raffiné, mêlant tous les arts.
Film inoubliable, éternel.