Dimanche 12 AVRIL
Au siège de notre association
7, rue du Commandant Bazy 66000 PERPIGNAN
Analyse d’extraits de films et débats
NOUVEL HOMMAGE À JEAN-JACQUES ANNAUD
Le Plus grand cinéaste français de la deuxième moitié du XX-ème siècle, début du XXIème.
De « L’AMANT » à « NOTRE-DAME BRÛLE » un incroyable parcours.
L’AMANT (1992)
LE NOM DE LA ROSE (1986)
NOTRE DAME BRÛLE (2022)
Dimanche 26 AVRIL
Au siège de notre association
7, rue du Commandant Bazy 66000 PERPIGNAN
Analyse d’extraits de films et débats
TROIS FILMS DE JOSEPH L. MANKIEWICZ QUI EXPLORENT L’ÂME HUMAINE EN QUÊTE DE LA VÉRITÉ PROFONDE ET COMPORTEMENTALE
Joseph L. Mankiewicz était d’origine allemande avec des liens familiaux avec la Pologne.
Dès son arrivée à Hollywood en 1929, il fut d’abord scénariste faisant rayonner certains grands réalisateurs grâce à son art consommé du verbe et du dialogue comme Lubitsch, Van Dyke, King Vidor, puis – comme producteur – il permit à Frank Borzage, Fritz Lang, George Cukor, George Stevens de faire les films qui affirmèrent leur grandeur, puis il laissa une trace profonde au Metropolitan Opera de New-York en mettant en scène l’Opéra de Puccini « La Bohème ».
Est-ce un hasard si Zanuck, le grand patron de la Twenty Century Fox, lui confie la réalisation de « Cléopâtre », le film le plus cher de toute l’histoire du cinéma ? Bien sûr que non ! Lui seul était capable de faire un chef d’œuvre, avec le choix d’Élisabeth Taylor dans le rôle de la Reine du Nil que plusieurs générations de spectateurs ont pu voir. Dans toute cette histoire où deux empires s’affrontent : Rome et l’Égypte, Monsieur Shakespeare est en embuscade.
Oui, très vite, William Shakespeare fut le cœur de l’œuvre de Joseph Mankiewicz qui fut en son temps le plus grand créateur américain du cinéma. Lorsque Mankiewicz parlait de son œuvre cinématographique, on voyait dans son regard clair et perçant la dimension surnaturelle de sa vision de l’être humain.
Les trois films que je vous propose aujourd’hui, extraits d’une œuvre unique, montrent le sens extraordinaire que le grand Joseph avait d’un parcours de vie. Vie terrestre avec ses turpitudes les plus graves, ses egos démesurés et enfin pour celles et ceux qui étaient prêts, leur âme fourbie pour entrer dans l’au-delà, et – sur l’autre rive -pénétrer la lumière irradiante qui les attend.
Ce fut le cas pour« L’AVENTURE DE MADAME MUIR » (1947) : le marin (Rex Harrison) décédé, réapparait à la jeune veuve Gène Thiernay (Mme Muir) qui vient d’acheter sa propre maison au bord de la mer. L‘âme du marin plane encore dans cette maison et lorsqu’il sent la belle source vibratoire qui habite sa demeure il l’autorise à le voir. Un dialogue s’installe et il va dicter à la jeune femme ses mémoires de marin, l’aidant par la vente du livre à subvenir à ses besoins. Il va en tomber amoureux. Mais il disparaîtra un moment de sa vie, le temps qu’elle comprenne qu’il est son unique amour. Au soir de sa vie terrestre, il viendra la chercher.
Mais cette magnifique parabole ne peut cacher le long chemin à parcourir pour arriver à la Grâce.
Dans « SOUDAIN L’ÉTÉ DERNIER » (1959) : une prédatrice, Violet Venable (Katherine Hepburn), ne pouvant accepter sa vieillesse, s’accroche au désir incestueux pour son fils Sébastien, déviant sexuel et, lorsque cela n’est plus possible, elle utilise sa nièce comme appât, utilisant sa beauté pour attirer de la chair consommable. Quand le drame arrive, il faut faire taire Catherine (Elisabeth Taylor) en proposant au chirurgien (Montgomery Clift) – d’un hôpital psychiatrique dans le besoin – de pratiquer sur elle une lobotomie pour effacer tout souvenir compromettant avec un beau chèque à la clé.
Dans le jardin exotique secret de Sébastien, des plantes carnivores, des mantes religieuses qui dévorent les têtes de leur victime s’appellent Vénus. Violet en grec se dit Jocaste, mère d’Œdipe.
Soudain l’été dernier, sur les côtes espagnoles, Sébastien et sa cousine Catherine en « vacances » sont attaqués par des meutes dépenaillées, des mendiants, des pauvres hères illettrés qui vont se jeter sur Sébastien et vont l’engloutir en le dépeçant dans un festin funeste sous les yeux de Catherine.
Grâce à l’hypnose, le docteur chirurgien réactivera la mémoire de Catherine et Violet sombrera dans la folie.
Elizabeth Taylor et Katherine Hepburn obtiendront (ex-ex æquo) le grand prix d’interprétation pour ce film mais cette dernière ne voudra jamais voir le film qui l’avait trop troublée.
Dans LA COMTESSE AUX PIEDS NUS (1954) : Joseph Mankiewicz se filme lui-même à travers la personnalité du grand Humphrey Bogart qui doit mettre en scène Maria Vargas (Ava Gardner) artiste encore peu connue. La beauté absolue d’Ava Gardner va y jouer une Cendrillon, plongée dans l’impitoyable milieu hollywoodien. Le succès est rapide et absolu et Maria devient une star inoubliable de la scène.
Dans la deuxième partie de sa vie, deux egos démesurés milliardaires se disputent sa compagnie et elle atterrit dans la jet-set de la Riviera française. Là, elle va rencontrer l’amour de sa vie, le Comte Fabrini (Rossano Brazzi) qui l’emporte dans son château en Italie.
Rencontrant son créateur, le réalisateur (Humphrey Bogart) en tournage dans la région avec lequel Maria a lié une profonde amitié, elle lui raconte toute son aventure amoureuse mais son ami reste perplexe. Le soir de ces noces, le comte lui raconte sa vie et la guerre qu’il a faite et ce qu’un éclat d’obus a enlevé à jamais dans son corps. Maria ébranlée par cette révélation veut lui donner le fils qu’il attend pour poursuivre la lignée. Mais son ami lui explique que des personnages comme le comte risquent de ne pas s’accommoder de cette solution.
En effet, son ami arrive à la propriété au moment où le comte Fabrini tue l’amant et Maria. Le réalisateur serrera une dernière fois Maria le long de son corps en caressant ses cheveux.
Dans le cimetière une magnifique statue de Maria Vargas rayonne sur le lieu alors que la pluie vient de cesser.
Toute la grandeur de Joseph Mankiewicz est là, dans cette approche des êtres qui, pour arriver à l’épuration totale de leur âme, en sont encore à différents stades d’évolution terrestre.
Dans « On murmure dans la ville » (1951), Cary Grant et Jeanne Crain sont sur le bon chemin de la grâce tandis que « Ève » (1951) Anne Baxter pour arriver à la gloire est dans toutes les compromissions ainsi que Marc Antoine (Marlon Brando) ; dans « Jules César » (1953) qui sait retourner son auditoire pour lui faire avaler l’assassinat de l’Empereur avec les mots magiques qui sortent de sa bouche.
Oui, ces mots magiques ont fait la gloire de Joseph Mankiewicz.
Mais il avait comme modèle le grand Shakespeare, et pour conduite la recherche de la Vérité de l’être.