Dimanche 23 juin 2024 HOMMAGE À STANLEY KUBRICK

Au siège de notre association

7, rue du Commandant Bazy 66000 PERPIGNAN

La folie humaine en trois films :  LES SENTIERS DE LA GLOIRE, DOCTEUR FOLAMOUR, EYES WIDE SHUT. Faire la guerre ou mourir tout de suite, le délire d’utiliser la bombe atomique, les yeux grands fermés, le sexe et la mort.

L’œuvre de Kubrick me rappelle étrangement l’expérience que l’artiste contemporaine Marina Abramovic a faite à Naples dans une galerie d’art, expérience appelée « Performance Artistique« . Elle avait déposé sur une table 72 objets hétéroclites allant d’une rose à un pistolet chargé, un fouet, du parfum, un rasoir etc… Les spectateurs pouvaient se servir de ces objets sur l’artiste pendant 6 heures ; elle restait, tant que faire se peut, impassible. Ces membres de l’establishment artistique, plutôt cultivés, assistèrent à l’expérience avec leurs épouses. Au fil du temps, un certain air de sexualité a rempli la pièce : au bout de 3 heures, un homme a découpé mon chemisier avec des ciseaux puis me l’a enlevé, d’autres m’ont manipulée dans diverses poses, quelqu’un m’a entaillé le cou avec le couteau et m’a sucé le sang. Un petit homme a introduit la balle dans le barillet du revolver et l’a braquée sur mon cou. La majorité des femmes disaient à leurs hommes quoi faire à Marina, plutôt que de le faire elles-mêmes. Une série de grands et petits méfaits s’est poursuivie au fil du temps. Quelques-uns s’y opposaient. Au bout de 6 heures, Marina s’est levée et a marché vers le public en les regardant dans les yeux et les gens se sont enfuis pour éviter toute confrontation. « Cela m’évoque la parabole de Jésus », dit Pierre Jovanovic : ‘Le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Mais pendant que les gens dormaient, vint un ennemi qui sema du mauvais grain au milieu des bons avant de disparaître. Quand la tige poussa et produisit l’épi de blé, la mauvaise herbe, l’ivraie apparut, elle aussi.

Les paysans suggèrent de l’enlever et le Christ de répondre : « Non, en l’enlevant vous risquez d’arracher en même temps le blé. Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson et je dirai aux moissonneurs d’arracher d’abord l’ivraie et de la brûler. »

En regardant, « Orange Mécanique » « Shining » « Les Gladiateurs« , « Full Metal Jacket » et les films au programme, je perçois que, pour Kubrick, l’humanité semble polarisée en deux groupes : l’un constitué d’âmes plus ou moins négatives et un autre composé d’âmes plus ou moins positives.

Son œuvre est une interrogation sur la violence, la guerre, la conquête de l’espace (2001) et le sexe qui peut détruire les individus… « Barry Lyndon« , autre œuvre-clé qui se passe au siècle des Lumières, pour lui une époque minée où, derrière la façade de la fête, du luxe et des plaisirs, rôde la mort et la désintégration.

Ce très grand artiste, qui n’avait peut-être pas encore rencontré Dieu, a réfléchi sur l’art du cinéma et ses techniques comme nul autre en son temps. Les recherches qu’il a effectuées sur les transparences, les maquettes, différents effets spéciaux, sur le son direct avec des micros ultra légers, sur la lumière avec l’utilisation des objectifs Zeiss, ont été réfléchies pour mieux transcrire la réalité. Cet acharnement à restituer les choses telles qu’elles sont, reste inséparable d’une volonté de capter l’expression sensible d’une idée.

10h :  LES SENTIERS DE LA GLOIRE (1957)

   (12H15 Déjeuner, chacun apporte une participation culinaire et des boissons)

14h15  DOCTEUR FOLAMOUR (1964)

  

16H30 : EYES WIDE SHUT (1999)

 

PROGRAMME CINÉMA DU DIMANCHE 14 JANVIER 2024

Voici nos activités pour janvier 2024.

Belle fête de fin d’année aussi !

Notre prochaine Assemblée Générale devrait plutôt avoir lieu courant février 2024.

Les activités avec Marie-Dominique Bruno

Les activités de Lionel Tardif

LES ANALYSES DE FILMS –Journées cinéma de janvier 2024

De 10h à 18h30 environ

Au siège de notre association

7, rue du Commandant Bazy 66000 PERPIGNAN

Inscription obligatoire en raison des places limitées

Dimanche 14 janvier 2024

LES GRANDEURS DU CINÉMA RUSSE

LES GRANDEURS DU CINÉMA RUSSE
Le cinéma russe est avant tout un art épique. Il est né de la Révolution d’Octobre 1917.
Dans l’euphorie créatrice qui a suivi, un immense mouvement artistique s’installe dans la jeune Union Soviétique. Pourquoi ne pas unir la peinture, la musique, le théâtre, l’architecture et le cinéma qui, ensemble, mélangés, donneront un art nouveau. On va même y joindre le sport, le cirque et le combat. Apprendre à maîtriser son corps, à réagir spontanément, à s’orienter librement dans l’espace.
Cette école nouvelle met au point une direction d’acteurs qui permette au comédien d’être en quelque sorte universel, qui peut jouer avec succès n’importe quel rôle. Cet enseignement nouveau prend forme et va réfléchir profondément sur les lois du montage (l’art de coller les plans pour construire une histoire). Il découvre les secrets de l’optique, donc une manière nouvelle de filmer. Enfin, ces artistes retrouvent l’équivalent des subtilités littéraires comme les assonances et les allitérations et utilisent les oblitérations visuelles. Ils enrichissent les travaux de décors, terrain réservé jusqu’alors au théâtre. Comme l’art nouveau en peinture, les formes explosent et en jaillissent des messages et des attitudes philosophiques insoupçonnées…
On peut dire que toute la grandeur du cinéma russe est née à Moscou entre 1920 et 1930. Elle est perpétuée aujourd’hui dans une école qui s’appelle le V.G.I.K. On peut dire que la grande majorité des films russes d’hier et d’aujourd’hui sont poétiques, épousent les mouvements de l’histoire et sont des chants pour l’homme. Ils en mesurent le temps.
Grigori Tchoukhraï, Mikhail Kalatozov et Sergueï Bondartchouk, dont nous montrons trois
oeuvres majeures ici, sont les dignes représentants de cette école.

10h LA BALLADE DU SOLDAT (1959)  Tchoukhraï

12h : déjeuner, chacun apporte une participation culinaire et des boissons

14h : SOY CUBA (1964) Russie/Cuba de Mikhail KALATOZOV

16H45 GUERRE ET PAIX (1966) Russie de SERGUEÏ BONDARTCHOUK

Jeudi 25 Janvier 2024

DEUX GRANDS VISIONNAIRES DE L’HISTOIRE DU CINÉMA

ANDREÏ TARKOVSKI ET AKIRA KUROSAWA

Deux anecdotes sur la dimension de ces artistes et de leurs œuvres.

Lorsque Andreï Tarkovski est décédé, son ami le grand musicien Mstislav Rostropovitch est venu spécialement de Los Angeles pour jouer une messe de Jean Sébastien Bach à la Cathédrale Notre Dame de Paris pour ses obsèques. La sépulture de Tarkovski est au Père Lachaise.

Andreï Tarkovski raconte l’histoire d’un homme qui croit en la bonté et à la tendresse dans un monde dur et cruel. Andreï Roublev ne peut croire que Dieu se venge de ses créatures au jugement dernier. Il croit en un Dieu d’Amour et de pardon. Toute son œuvre est une quête pour arriver vers la Lumière.

Le chasseur de Sibérie Maxime Mounzouk, qui joue son propre rôle dans Derzou Ouzala, est venu à Paris pour la sortie du film et son premier souhait, en arrivant, a été de téléphoner à sa femme, à Novossibirsk, pour lui dire qu’il voyait la Tour Eiffel, la grande dame du ciel.

Le grand message de l’œuvre d’Akira Kurosawa est que la vraie révolution vient toujours de l’intérieur de l’homme, celle de la collectivité est dérisoire et sans lendemain. Ses héros sont des vainqueurs sans joie et des héros sans jeunesse. Sa pratique de la vie est sagesse et élévation

10 H DERZOU-OUZALA

13h : déjeuner, chacun apporte une participation culinaire et des boissons

15h ANDREÏ ROUBLEV